Petit clin d’œil au futur buzz qui est en fait déjà un brin dépassé…
Le nouveau jeu pour les initiés dans le métro newyorkais : A la recherche du rectangle blanc.
Non, ce n’est pas un nouveau symbole pour des films classifiés confidentiels.
Non, ce n’est pas une nouvelle émission de téléréalité digne des America’s Next Top Model ou Top Chef, où le but serait de découvrir la nouvelle star des formes
géométriques.
Et non, ce n’est pas le nom de code que j’ai donné à ma nouvelle addiction au Galak (en plus, c’est même pas vrai, j’aime le Galak, certes, mais je resterai à jamais fidèle au
chocolat noir…).
Bref.
En fait, le rectangle blanc, c’est le petit plus du moment qu’il faut avoir pour montrer qu’on a complètement trop la classe.
Sur Terre (à savoir Manhattan), pour être au minimum considéré comme un être humain, il vous faut un lecteur mp3.
Dans le métro, pour courir dans Central Park, pour oublier le bruit des sirènes de police, etc. la musique au bout des écouteurs fait partie du kit de survie.
Ensuite, comme l’être humain est corruptible, il cède à la fashion attitude, et choisit un lecteur avec une pomme dessus.
Certes, c’est un clin d’œil à la ville, et certes ils marchent très bien, mais avouons un certain snobisme complètement assumé : si on a tous un iPod, c’est parce que c’est clâââsse…
Et parmi cette caste de mélomanes pommés, on distingue plusieurs catégories.
Les old-school qui ont encore les vieux écouteurs.
Et là, cette catégorie se divise encore en 2 sous-groupes complètement antagonistes : ceux qui ont les vieux écouteurs ET le très vieil iPod (celui avec les 4 boutons, autour ou au dessus de la
molette…) – et là c’est complètement branché : le vintage du lecteur mp3, c’est quand même du haut niveau… Et les cheap : ceux qui ont un vieil iPod, mais pas l’un des
premiers, ils ont le [désormais] moche avec la roulette sans les boutons et l’écran noir et blanc. Loosers !!! Fallait investir dans le nano ou le vidéo. Oui, je sais, il marche encore très bien,
mais si tu t’en rachètes pas un tous les 15 jours, tu ferais mieux de pas te montrer en public…
Donc, les old-school, faciles à repérer en guettant les écouteurs.
Pour les vintage, en général ils ont les Converse sales et/ou les Adidas très-vieux-modèle qui vont avec. Et ils exhibent négligemment leur iPod en appuyant bien fort
sur les boutons.
Et pour les cheap, ils se cachent dans les coins, l’iPod honteusement rangés dans la poche.
(Le cheap du cheap étant d’avoir des vieux écouteurs d’iPod avec un lecteur mp3 d’une autre marque, mais ces individus ne devraient même pas mériter de respirer le même air que
nous…)
Et puis, bien entendu, complètement dans l’air du temps, on avait jusqu’à il y a peu, les up-to-date, qui ont un iPod avec écran couleur, et les nouveaux écouteurs.
Faciles à repérer également, les écouteurs ont une forme de goutte.
Et l’iPod est plus ou moins exhibé, cliqueté pendant l’écoute (rien de tel qu’une partie de Solitaire sur du Bloc Party…), ou même pincé sur le pull pour le nouveau
shuffle.
Mais, tout ceci est du passé, chers lecteurs.
Je vous parle d’un temps révolu. Celui où les gens avaient effectivement des écouteurs de baladeur raccordés à… un baladeur.
Mouarf !
Faut évoluer, les gars. On n’est pas passé du singe au bonhomme sans se bouger un minimum le derrière, hein.
Oui, vous l’avez deviné, je vous parle bien sûr de l’iPhone.
Parce qu’il est beau, parce qu’il est formidable et parce qu’il est beau, c’est juste pas possible de ne pas craquer.
Et du coup, il faut encore guetter les écouteurs pour repérer les happy few.
Le fameux rectangle blanc.
Parce qu’on n’en parle pas assez, justement, des écouteurs, lorsqu’on loue les vertus de l’iPhone.
Ce sont les mêmes écouteurs que les derniers iPods (en forme de goutte, donc), mais avec un petit rectangle blanc supplémentaire, sur le fil de l’écouteur droit.
Et dans ce petit rectangle se cache le micro qui vous permet de parler lorsque vous recevez un appel (complètement formidable de passer du dernier album de Feist à son appel
hebdomadaire avec Mamie en un clic…).
Car oui, il suffit de cliquer.
Ce petit rectangle permet, en un clic, de passer à une autre chanson, de mettre en pause, de reprendre, etc.
Seule la crème de la crème a donc son petit rectangle blanc sur ses écouteurs de mp3 (et n’essayez pas de tricher, il ne marchent pas sur un lecteur ordinaire).
Le passage au rectangle blanc, c’est un peu la sortie de l’océan. La transformation des nageoires vers les pattes. Les poissons devenus reptiles. Darwin serait pas peu fier.
Toi, mon pommephone, je t’aime.
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